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Comment (re)définir et incarner vos engagements collectifs ?

Engagement et don. Des mots forts, aux contours variables, qui résonnent profondément en moi et que j’ai beaucoup entendu dernièrement en accompagnant notre client Cap Sud dans le travail d’alignement sur leur raison d’être et leurs valeurs. Des mots qui nous sont chers chez Fly the Nest et que nous avons à coeur de démystifier, pour que chacun puisse les faire siens au sein de ses activités.

Mais comment les comprendre, comment les vivre concrètement, en cette période si particulière où nous sommes tous – à des degrés variables – mis face au paradoxe de notre désir d’agir faisant face à un fort sentiment d’impuissance, voire d’inutilité ?

J’aimerais tout d’abord briser quelques tabous : non, “s’engager” ce n’est pas forcément porter un étendard, défendre des couleurs, sauver des vies au péril de la sienne. Tout comme “donner” n’est pas nécessairement synonyme de service rendu dans une démarche d’abnégation. Il y a à la fois plus et moins que cela derrière ces mots qui viennent particulièrement nous questionner en ces temps où la plupart d’entre-nous sont confinés, avec le sentiment de ne rien pouvoir faire d’autre qu’attendre.

En 1999, vous avez peut-être été directement impactés par les tempêtes Lothar et Martin qui ont touché la France : 92 morts, environ 2000 blessés et plus de 10 millions de Français privés d’électricité suite à la chute de 540 lignes à haute tension. Or, juste après le passage de la tempête, un engagement sans précédent a pu être constaté, dans le froid, avec les moyens du bord et en dépit de toute procédure de gestion de crise, d’agents EDF qui, toutes catégories salariales confondues, ont donné sans compter de leur temps parfois même au péril de leur vie, pour rétablir le courant. 

Ce que met en relief le sociologue Norbert Alterdans le récit de cet épisode de notre histoire, vient particulièrement nous éclairer sur la nature profonde de ce qui pousse femmes et hommes à s’engager bien au delà de ce que peut exprimer leur fiche de poste : 

  • dans les situations les plus critiques, il souligne combien une extraordinaire énergie, des trésors d’ingéniosité et une force collective incomparable se révèlent spontanément et permettent, non-seulement de traiter les problèmes, mais bien plus, d’exalter par l’intermédiaire de l’activité professionnelle un profond sentiment d’existence et d’appartenance à “ plus que soi ” : ces agents EDF, dans ce moment d’extrême urgence, faisaient littéralement “corps” avec leur organisation, ils répondaient plus que jamais de manière incarnée à la mission fondamentale de leur entreprise ; 
  • il met également en lumière ces agents n’ayant pas été appelés – pourtant sur le qui-vive et prêts à rejoindre leurs collègues sur le terrain – et ayant mal vécu cette situation, ce qui a généré une crise sociale notable chez EDF. Situation étonnante, pour ne pas dire cocasse : nous parlons bien de salariés se plaignant de ne pas avoir été mobilisés dans des conditions épouvantables, dans l’urgence, selon des modalités organisationnelles plus qu’approximatives et au péril de leur vie !

Qu’est-ce que cette histoire vient nous révéler sur l’engagement et sur le don? 

Il nous rappelle notre désir profond de coopérer. Encore une terme à redécouvrir pour en percevoir toute la richesse. Co-opérer, c’est un mot qui décrit précisément deux besoins fondamentaux de l’être humain. Opérer nous renvoie à l’opus, c’est à dire l’ouvrage, ou encore l’oeuvre (comme dans “opéra”) : c’est donner de son essentiel, de sa créativité, c’est mettre du “soi” dans un travail, y apporter sa touche singulière. Et le préfixe co-, c’est tout simplement l’expression essentielle de la présence de l’Autre : cet autre qui est là, à côté de nous, avec qui partager cette oeuvre, soit parce qu’il en est le co-créateur, soit parce qu’il en est le spectateur indispensable. Coopérer, c’est donc faire oeuvre commune.

Et si cette période de confinement était justement une opportunité pour questionner son engagement, en prenant un temps de réflexion individuelle et collective sur des questions de fond ? Pour que nos activités soient plus encore les reflets d’une intelligence collective, d’une manière singulière de s’engager ensemble, je vous propose une série de quatre questions qui peuvent nourrir vos échanges et muscler votre projet commun :

  1. Qu’est-ce que j’ai envie de mettre de fondamental, d’essentiel au sein de mon activité professionnelle ?
  2. Quels ont été, au cours des derniers mois, nos grands (et nos petits) moments de co-opération ? 
  3. Comment mon organisation peut-elle faciliter l’engagement de chacun en incarnant plus concrètement, plus authentiquement, une raison d’être et des valeurs dans son quotidien ? 
  4. Vers quel horizon voulons-nous regarder ensemble ?

N’hésitez pas à partager avec nous vos trésors, vos réactions et vos enjeux à plus ou moins long terme : la coopération, c’est aussi avec vous que nous la vivons !

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