Interview de Sébastien Najjar de Skimlab : « Il faut veiller à ce que l’équipe reste au centre du projet ! »

//Interview de Sébastien Najjar de Skimlab : « Il faut veiller à ce que l’équipe reste au centre du projet ! »

Interview de Sébastien Najjar de Skimlab : « Il faut veiller à ce que l’équipe reste au centre du projet ! »

Skimlab est la première start-up sur laquelle Fly The Nest a testé son accompagnement. Début 2015, Maxime, Sébastien et Claire décident de solliciter Fly The Nest sur un projet complexe d’acquisition. Petit retour sur l’aventure Skimlab, ses claques et ses enseignements avec Sébastien Najjar, un de ses fondateurs.

D’abord Skimlab, c’est quoi ?

Skimlab, c’est une boîte née en 2013, de l’association de Maxime Quiblier et moi-même, avec l’objectif d’amener l’impression 3D dans les mains du grand public. Notre idée, c’était de permettre la création de sculptures 3D simples qui puissent être réalisées par des imprimantes 3D. Il y a des entreprises qui se créent autour d’une technologie et qui ensuite vont chercher un marché sur lequel la vendre. C’était notre cas ! On avait un système intuitif et innovant de construction de surface. On s’est dit : “Comment peut-on associer notre technologie avec l’impression 3D ?”

Alors on a fait un test sur notre premier moteur pour analyser la réaction des utilisateurs. On l’a mis en ligne sur un site sur lequel on pouvait gratuitement créer et sauvegarder ses créations, partager et modifier celles des autres, puis les télécharger et les faire imprimer soi-même.Les résultats nous ont mis une claque. On s’est rendu compte que seulement 3 à 5% des utilisateurs cherchaient à créer quelque chose de complètement original. A côté de ça, on a mesuré qu’il fallait entre deux et dix minutes pour comprendre le fonctionnement du moteur ! On l’avait optimisé pour le rendre le plus simple possible en terme de prise en main.

 

Comment avez-vous rendu cette technologie profitable ?

Après une phase d’analyse de six bons mois, on a décidé de s’attaquer au marché de la bijouterie, qui se prêtait parfaitement à notre techno. On a monté jweel.com avec Claire Ritter, notre troisième associée qui s’est chargé du côté marketing et communication. Ça nous a permis de mettre en place le business modèle qu’on avait anticipé, basé sur la création collaborative. Des designers créaient leur propre modèle et les autres utilisateurs pouvaient modifier leur créa – ce qui permettaient aux designers de toucher une marge sur la vente du bijou. La commande partait automatiquement à l’imprimeur qui livrait le bijou au client final. Côté opérationnel, c’était béton.

Quelles étaient vos forces et vos faiblesses ?

Le produit, c’est ce qu’on avait de mieux. On a toujours passé énormément de temps sur notre technologie et sur l’expérience utilisateur, à peaufiner le moindre détail. Cette qualité a été reconnue à plusieurs reprises dans l’histoire de Skimlab.

Monter une marque reste compliqué, on avait besoin d’investissement pour le marketing et le développement business, mais en B2C, on en trouve moins facilement. Même chez les investisseurs spécialisés, on s’est cassé les dents.

 

Finalement, on a commencé à discuter de rachat avec Dassault System. A l’époque, on se disait que c’était probablement la meilleure sortie qu’on pouvait espérer. Ça faisait suite à nos échecs de recherche de fonds. On était dans une situation compliquée où l’on ne se payait pas depuis 3 ans, et on tombait dans un schéma de pensée négatif. On ne voulait surtout pas louper cette opportunité. Une acquisition, c’est un process extrêmement complexe. Il faut savoir sur quel plan négocier et faire pencher la balance de ton côté. On a demandé de l’aide à Erwann et Cédric de Fly The Nest, qui nous proposaient de tester leur accompagnement pour recentrer l’équipe sur un objectif commun. C’est là qu’on s’est rendu compte de choses qu’on avait devant les yeux, et qu’on avait toujours refusées de voir. On s’est pris une deuxième claque.

Qu’est-ce qui s’est passé pendant l’accompagnement ?

Il y a eu pas mal de réflexions, constats et réorganisations, mais ce qui m’a le plus marqué, c’est qu’on a été forcé de réaliser qu’on ne faisait pas ce qu’on voulait faire. C’était sous nos yeux depuis très longtemps, mais dans la suite logique de notre réflexion, à aucun moment on s’est posé la question : “est-ce qu’on aime ce qu’on fait ?”. Le marché de la bijouterie, c’était une décision logique.

Les gars nous ont posé beaucoup de questions très personnelles. On s’est rendu compte qu’on n’avait pas vraiment envie de rester chez Skimlab, même si on levait des fonds, même si le site était un succès. C’est probablement la pire conclusion qu’on pouvait présenter à Fly The Nest !

Tu n’arrêtes pas un plan A pour commencer un éventuel plan B, même si c’est une acquisition !

Du coup, vous avez fermé la boîte ou vous avez été racheté ?

On n’a jamais été racheté. En vérité, l’acquisition-embauche, il ne faut pas que ca devienne une obsession dans une startup. Tu n’arrêtes pas un plan A pour commencer un éventuel plan B, même si c’est une acquisition !

Par contre, suite à l’accompagnement, on savait ce qu’on ne voulait plus : bosser en B2C, le customer service nous prenait énormément de temps. On n’avait plus envie de se concentrer sur les bijoux non plus, donc on a commencé à faire de la prestation, en attendan   t de trouver un autre projet.En 2016, on a travaillé avec Prodways, leader de l’impression 3D en France et 3ème en Europe. On les a accompagnés sur la construction du projet Scientifeet, une solution dédiée aux podologues, qui permet d’adapter des semelles imprimées en 3D aux pieds des patients. On a recruté une équipe pour eux. Ça nous a donné une bonne expérience de projet bien monté.

 

Des projets entrepreneuriaux pour l’avenir ?

Oui, les expériences de prestations nous ont finalement amenés à construire Dualbox avec Maxime. Le principe de Dualbox, c’est de proposer un système de programmation visuel qui s’adresse à des business pour leur éviter les problèmes des parties technique pures. Tu connectes des petites boîtes ensemble et à la fin, ça te fait une application qui peut être très performante. Ça peut aller très loin : Scientifeet est une app Dualbox. Cette logique permet de tout faire, en laissant les soucis techniques aux programmeurs. L’idée c’est de simplifier le prototypage, les tests et la mise en production.

On a capitalisé beaucoup de connaissances en 3D, mais notre système s’applique au son, à l’image, à la vidéo, aux pdf, … bref, à n’importe quel document “paramétrable”. Les clients choisissent des modèles, et obtiennent en sortie un document qui s’apparente à un fichier, quel que soit son format. On a des clients dans les secteur du biomédical, du packaging et bien-sûr de la bijouterie !

Et le projet Dualbox, il vous plaît ?

On est vraiment très content : le fait de se reconnaître comme des techs, ça nous fait plaisir. Aujourd’hui, on signe nous-même avec les clients, on vend des prestations et on se finance, mais notre objectif, c’est de devenir une plateforme. On n’a pas encore décidé de comment on allait grandir. Organiquement ou par investissement ?

En tous cas, si on organise une levée de fond pour recruter, on fera appel à Fly The Nest pour nous aider à définir l’équipe et à organiser le projet. Si tu veux que ton projet aille dans le bon sens, il faut recruter des gens qui ont la même vision, les mêmes envies, les valeurs et la culture de la boîte.

Des enseignements à partager ?

A grand coups de décisions rationnelles, on en arrive facilement à considérer l’humain comme une ressource au service d’une liste de tâches. C’était comme ça que nous nous étions organisés. Je suis aujourd’hui convaincu que pour que ça fasse des étincelles, il faut veiller à ce que l’équipe soit et reste au centre du projet, car il se construit autour de celle-ci.

 

By | 2018-04-18T19:08:31+00:00 avril 18th, 2018|Non classé|0 commentaire

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