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Et si on nous traitait enfin comme des adultes ?

Alors que les responsables politiques voudraient être de bons pères de famille pour leur peuple, et que nos entreprises et nos sociétés occidentales se gavent de surveillance et de punitions, cette question prend tout son sens. Serons-nous un jour considérés comme les adultes responsables que nous sommes ?

Au contact de nombreux professionnels, j’ai acquis la conviction que, quelque soit son âge, chacun d’entre nous désire réellement s’engager dans un projet. Malgré mon appartenance à la génération Y, je voudrais ici parler au nom de tous. Ceux qui, découvrant le monde du travail, ne supportent pas l’infantilisation organisée. Et ceux qui, après des années de bons et loyaux services, sont toujours à la merci d’un management paternaliste et déresponsabilisant.

Nous vivons dans une société infantilisante

De nos jours, tout ce qui a de l’influence sur notre vie se place sous le mode parent / enfant. Les medias nous présentent des problèmes de manière parcellaire, et des solutions simplistes. Sous le joug de l’instantanéité, leur vision du monde s’est fragmentée, se composant uniquement d’émotions éphémères et renouvelées.

Les politiques nous prennent pour des gamins turbulents, incapables de juger ce qui est bon pour nous. Dans la grande nurserie, Mathieu Laine nous décrit l’Etat-nounou, qui nous borde et nous observe. Au moindre dérapage, les gouvernements nous punissent collectivement, en interdisant à nouveau.

Même au sein de nos entreprises, il semble que plus personne ne soit responsable de rien. Toutes les prises de décision sont limitées : un ouvrier n’est pas assez intelligent pour modifier lui-même une procédure qu’il applique tous les jours, un ingénieur pour communiquer à la presse, un subalterne pour parler directement à son N+2…

Les managers actuels tendent naturellement à adopter une posture de supériorité vis-à-vis de leurs subordonnés. Ils leur suggèrent ce qu’ils estiment bon pour eux, manifestent une volonté de faire les choses à leur place, et leur disent comment ils doivent penser ou se comporter. Le comble de l’infantilisation !

« L’adulte est mort. La cruauté des cours de récré règne aujourd’hui dans les bureaux feutrés des multinationales » – Isabelle Sorente

Surveiller et punir : le salaire de la peur

L’infantilisation généralisée a pourtant des limites évidentes. Nous ne semblons rien connaître d’autre que le bâton ou la carotte. En société, on vous jette en prison comme on vous enverrait au coin ; les Légions d’honneur sont distribuées comme des bons points. Sommes-nous condamnés à rester toute notre vie dans une salle de classe ?

Dans nos entreprises aussi, l’on punit ou l’on récompense, pour motiver ses équipes. Les promotions et les licenciements régissent l’évolution de nos carrières. À coup de primes individuelles ou de mise au placard, on espère influer positivement sur l’engagement de ses employés…

Ces pratiques sont issues du Béhaviorisme (ou comportementalisme) de B.F. Skinner. Celui-ci considère que les comportements ne sont que la résultante de stimuli extérieurs positifs ou négatifs. L’individu est donc perçu comme dénué de conscience, de motivations internes, de désirs, de besoins… Il n’est ni plus ni moins que ce rat, ce pigeon ou ce chimpanzé de laboratoire, sur lesquels Skinner a élaboré toute sa théorie.

En plus d’être inefficace, l’infantilisation coûte très cher ! Notre système de management est fondé sur la peur que les résultats ne soient pas atteints. Pour se rassurer, on multiplie donc les systèmes de contrôle, sans penser aux effets sur la motivation des équipes. En réalité, cela génère de la défiance, du désengagement massif, de l’individualisme… Une palanquée de coûts cachés : le salaire exorbitant de Big Brother.

Pour nous traiter en adulte, faites-nous confiance !

Tout n’est pas perdu, car en quelques actions simples, l’engagement des employés peut repartir à la hausse. Sur toute la hauteur de la pyramide, il faut réapprendre à se faire confiance. Ce qui signifie deux choses :

  • Commençons par écouter les problèmes de la base, et donnons-leur les moyens de les régler. S’ils ont besoin de quelque chose, c’est certainement important.
  • Arrêtons de manager pour les 3% de voleurs ou de tire-au-flanc. En voulant les remettre au travail, on met en place des systèmes de contrôle qui démotivent tous leurs collègues.

La confiance acquise, il ne nous reste plus qu’à donner les moyens aux équipes de s’engager. L’engagement est un moteur intime puissant, qui permet à chacun de mieux investir ses forces. Mais il ne peut être forcé ; au mieux, on pourra créer un environnement dans lequel chacun pourra s’engager, au service de l’entreprise.

La responsabilité ne vient pas sans la liberté, alors chacun doit pouvoir choisir (dans une certaine mesure) les sujets pour lesquels il souhaite s’engager. Avoir une bonne vision des conséquences de son engagement est nécessaire ; chacun doit donc comprendre intimement la stratégie de l’entreprise, et le rôle de chacun ! Enfin, il vaut mieux que l’engagement soit publique et explicite, ce qui nécessite la mise en place d’une certaine transparence.

Les nouvelles générations sont nombreuses à comprendre que chacun est digne de confiance, jusqu’à preuve du contraire. En revanche, les petits chefs, ceux qui divisent pour mieux régner, et qui n’ont finalement qu’une fonction de contrôle, auront plus de mal à abandonner leur pouvoir sur les actes de leurs subordonnés. C’est pourquoi je voudrais que tout le monde pousse ce cri du cœur :

Considérez-moi comme un adulte, et vous verrez ce que j’ai à vous apprendre  ! 

Chez Fly The Nest, nous sommes convaincu que le collectif est le premier critère du succès des entreprises. Nous accompagnons donc les entreprises, et formons leurs leaders, à un management moderne, exigeant et performant. Avec nous, renforcez la confiance et donnez-les moyens à vos équipes de s’engager !