Amis entrepreneurs, méfiez-vous de l’overkill !

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Amis entrepreneurs, méfiez-vous de l’overkill !

L’image de l’entrepreneur surpuissant et égotique nous vient tout droit des États-Unis, où tout est toujours le meilleur, le plus beau, le plus énorme… Et si le mantra des super-héros était le pire possible pour un startuper ? Mes chers entrepreneurs, méfiez-vous de l’overkill !

Dans cet article, je voudrais vous parler de démesure. Le terme overkill désigne l’utilisation d’une force excessive pour atteindre son but. Il daterait de 1945 et de l’invention des premières bombes ayant une puissance excédant la destruction de l’ennemi. Impressionnant, non ?

Éclater votre adversaire ne sert que votre ego

C’est dans les jeux vidéos qu’on retrouve le plus souvent le concept d’overkill, venant généralement récompenser une débauche jouissive de sang et de tueries. Dès Doom, le premier jeu à populariser le FPS, les overkills font littéralement exploser les ennemis…

De mon côté, ce sont les cartes Magic qui m’ont familiarisé avec cette notion. Pour ceux qui ne connaitraient pas, il s’agit de composer un paquet de cartes, parmi un panel disponible, et de le confronter à un adversaire pour remporter la victoire. Le nombre de cartes étant limité, il faut optimiser et privilégier l’impact concret de chacune d’entre elles…

On qualifie une carte d’overkill lorsque celle-ci vous permet de conclure avec fracas, alors que vous étiez déjà sur le chemin du succès. Il est très satisfaisant de poser une hydre à 5 têtes, ou ange guerrier quasi invincible. Mais est-ce vraiment nécessaire ?

Si une telle carte est classée dans la catégorie overkill, c’est aussi qu’elle ne vous sauvera pas si vous êtes en train de perdre… Sa présence dans votre jeu ne se justifie que par l’émotion qu’elle créée dans votre cœur, lorsque que vous arrivez enfin à la poser. « Prend ça ! » vous dites-vous avec jouissance.

Si vous cherchiez à assouvir vos penchants pour la domination, parfait ! Mais si vous vouliez gagner le maximum de parties, il vous faudra mettre votre ego de côté et choisir vos cartes sans démesure.

Le mieux est l’ennemi du bien.

En startup, il faut se satisfaire du nécessaire

En tant qu’entrepreneur, il est bon de s’inspirer de tous les univers qui nous entourent. Même des cartes Magic :). Laissez-moi donc vous expliquer pourquoi, en startup, il faut se méfier de l’overkill…

Dès le lancement de Fly The Nest, une chose inouïe m’a frappé : tout ce que je faisais était utile. Contrairement aux grands groupes d’où je venais, et où l’on travaille souvent sans trop savoir pourquoi ou pour qui. Il y a tant à faire au début, qu’il faut se focaliser. Plus de perte de temps, de projets stériles, de contre-ordres de dernière minute. Quand on monte sa boîte, chaque acte compte, apportant une réponse délimitée à un problème précis.

Pour paraphraser Baloo, en startup, il en faut peu pour être couronné de succèsIl faut se satisfaire du nécessaire. Que veut donc dire cette phrase, pleine de philosophie ? Que faire le minimum vital doit vous contenter. Sortir une V0 un peu pourri m’a toujours ravi, car j’étais bien sûr de son utilité : tester l’appétence du marché, et m’apprendre comment la faire évoluer.

Si vous avez envie de vous auto-kiffer avec votre produit parfait, passez votre chemin !

L’esprit du lean infuse peu à peu le monde des startups, et c’est très bien comme cela. Fondamentalement, il s’agit de s’arrêter avant d’avoir trop fignolé son job. De sortir et tester, avant de savoir ce que vous voulez faire. Soyez-en sûrs, gagner avec certitude et overkiller le marché, c’est l’inverse de l’entrepreneuriat !

Un fondateur se doit d’être subtil

Pour monter une boîte, il faut être mesuré dans ses actions, mais aussi dans ses comportements. Être fondateur, c’est rapidement se trouver en position de leadership. Dans cette situation, l’overkill n’est pas seulement une perte de temps, il devient carrément contre-productif !

Être un leader, c’est exercer une influence qui motive autrui à faire quelque chose. Et la différence entre un bon et un mauvais leader tient souvent à sa subtilité. Si vous en faites trop – en balançant des ordres à tout va, en contrôlant sans cesse le travail de vos équipes, et en engueulant ceux qui se trompent – vous obtiendrez l’effet inverse à celui désiré : vous démotiverez vos collaborateurs !

L’être humain n’aime guère être manipulé, c’est dans sa nature. Si les ficelles sont trop grosses, nous nous désengageons immédiatement… Alors soyez vrai. Ayez des intentions bonnes et lisibles. Faites confiances à vos équipes, inspirez-les par votre vision du monde, et soutenez-les dans leurs difficultés.

L’overkill sert à pallier votre peur de perdre, d’échouer, de ne pas être à la hauteur. J’ai envie ici de vous rassurer : votre impact est plus important que vous ne le croyez. Nul besoin de sortir la grosse Bertha pour manager vos équipes. Il vous suffit de quelques phrases subtiles, d’un merci bien placé, d’un intérêt réel… Vos employés ont envie d’être considéré, alors intéressez-vous honnêtement à leur travail, et à leurs problèmes. Aidez-les avec délicatesse, et ils vous le rendront au centuple.

Amis startupers, à l’overkill, préférez la justesse !

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Erwann Rozier

By | 2018-06-15T12:40:17+00:00 juin 15th, 2018|Non classé|0 commentaire

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