À une époque, quand on demandait à un enfant ce qu’il voulait faire plus tard, on pouvait penser que sa réponse deviendrait réalité. Mais aujourd’hui, les choses ont changé. Les professions que l’on conserve tout au long de sa carrière se font de plus en plus rares.

Le temps de l’emploi à vie est révolu. Rien ne sera pour moi comme ce fut pour mes parents. À l’issue de leurs études, ils rejoignirent la fonction publique. Mon père postier, ma mère institutrice. Et les voilà partis pour quarante ans de bons et loyaux services, à connaître précisément leur fonction sociale.

Et moi ? Alors que notre métier ne nous définit plus, que nous reste-t-il ? Finalement, qui suis-je ? J’ai moins de 30 ans, et je refuse d’être catalogué ! Successivement considéré comme consultant, chômeur, écrivain, entrepreneur, coach… ai-je réellement besoin d’un métier défini ?

Cette question, je crois que toute ma génération se la pose. À quoi devons-nous nous référer, si ce n’est plus à notre emploi ?

Mon modèle, c’est le caméléon

Quand on me demandait ce que je ferais quand je serais grand, je répondais professeur de Mathématiques, probablement pour faire plaisir à mes parents. Mais au fond de moi, je savais bien ce que je voulais être. Je voulais devenir le caméléon.

Mais si, souvenez-vous de Jarod, héros de la trilogie du samedi. Un surdoué capable de changer de métier à chaque épisode, échappé du Centre, et poursuivi par la ténébreuse et sexy Miss Parker, et son acolyte le psychiatre Sidney.

Tout au long de ma carrière, j’ai essayé de suivre la voie du caméléon. Comme lui, je veux m’adapter aux besoins du scénario de ma vie. Mais être Jarod, c’est avant tout un état d’esprit.

Il faut aller là où sa valeur sera la plus grande. Là où l’on pourra le mieux être au service des autres, qu’ils soient usagers, clients ou collègues. Ce comportement, qui nécessite attention et disponibilité, c’est celui d’un véritable héros, d’un modèle bien plus excitant que les traders du Loup de Wall Street.

Suivre la voie de Jarod, c’est être capable de se réinventer sans cesse. De se découvrir des forces insoupçonnables, et des envies nouvelles. Changer le plus souvent de métier, c’est apprendre sans cesse. Être à la pointe de son ignorance, comme dirait Deleuze, pour avoir quelque chose à dire.

Quoi de plus réjouissant que d’être ainsi capable de tout ?

L’entreprise a besoin des caméléons

Ce que les entreprises doivent aujourd’hui comprendre, c’est que je ne suis pas seul. Nous sommes nombreux à nous rêver caméléons. Et lorsqu’on nous en laisse l’opportunité, nous devenons des atouts de taille dans le jeu des sociétés modernes !

En effet, les métiers évoluent désormais extrêmement rapidement. De nouveaux naissent sans cesse, et d’anciens disparaissent, remplacés par des robots ou des algorithmes. Le taylorisme à l’ancienne est bien fini. Cantonner les collaborateurs à un emploi limité, c’est empêcher leur évolution future !

L’agilité nécessaire aux entreprises d’aujourd’hui ne peut se faire sur des fiches de poste figées. Il faut que les métiers s’adaptent au besoin, et que leur périmètre puisse évoluer naturellement. Chacun doit pouvoir se développer là où il l’entend, faisant croître ses savoirs, et sa valeur ajoutée.

À force de considérer que leurs employés étaient interchangeables, les entreprises ont fermé la porte à toute adaptation rapide de leurs équipes. Elles sont devenues des machines statiques, dans un monde en mouvement perpétuel. La plupart des caméléons sont désormais partis monter leur entreprise, afin de réaliser leur rêve d’enfant, en changeant de métier chaque jour.

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L’ère des caméléons arrive… Adaptez-vous vite, parce que nous, nous le ferons !