Après avoir conquis le monde du développement informatique, et planté ses ramifications dans l’industrie, l’agilité continue de faire ses preuves. Pour certains, c’est même la seule chance de survie des entreprises… Mais si, depuis près de 20 ans, les méthodes Agiles s’imposent dans le développement, il n’en est pas de même au niveau de l’entreprise. Comment une organisation silotée peut-elle s’adapter à un monde extérieur toujours plus instable, plus rapide, et plus concurrentiel ? Et si c’était la collaboration de chacun qui permettait cette capacité de reconfiguration, nécessaire à l’agilité ?

Issue du développement informatique, l’agilité a révolutionné les pratiques

Au début des années 2000, 17 experts du développement informatique définirent les premières méthodes Agiles. Constatant les dérives d’un système où le développeur travaille en chambre, sur base d’une expression figée des besoins du client, ils exprimèrent trois grands principes : itération, incrémentation, et adaptativité.

La base de l’agilité, c’est l’itération. L’échange répété entre le développeur et le client final, afin d’affiner en direct la compréhension de son besoin. En outre, pour garder la maîtrise de développements complexes, la construction doit se faire de manière incrémentale, une petite fonctionnalité après l’autre. Enfin, l’agilité nécessite une adaptation continue du produit, et de son design. Le développeur lui-même doit être capable d’adapter ses schémas de pensée, pour concevoir un service au plus proche du besoin du client final…

Depuis près de 20 ans, les méthodes de développement informatique se perfectionnent pour permettre une agilité toujours plus grande, et ce quel que soit le nombre de parties prenantes. Dispersés à travers le monde, des développeurs bâtissent des logiciels Open Source de très bonne qualité, en s’appuyant sur ces méthodes structurées et participatives. L’agilité ne se cantonne pas à des petites équipes très soudées ; elle s’applique à grande échelle, dans de plus en plus de domaines.

Après l’informatique, les méthodes Agiles s’attaquent même au développement industriel ! En 2010, Joe Justice a fondé WikiSpeed. Sa société construit des voitures modulaires, à haute efficience énergétique, en suivant les logiques Agiles. Tous les 7 jours, des volontaires réévaluent chaque partie du véhicule, en réinventant les éléments les plus prioritaires. C’est ainsi que WikiSpeed, sans réelle expérience de la construction  automobile, s’est hissé au 10e rang d’un concours de véhicule économe en essence, devant une centaine de concurrents à gros budget, tels que Tata Motors, Tesla ou encore le MIT.

Comment rendre agile une entreprise toute entière ?

Si les méthodes Agiles connaissent un grand succès dans les phases de développement, elles ne sont pas mises en œuvre au niveau de l’entreprise toute entière. De nombreux facteurs sont responsables de ces difficultés. D’abord, l’entreprise n’est pas un projet ; elle n’a pas de fin définie. De plus, ses collaborateurs manquent souvent d’une vision claire du besoin à satisfaire. Ils ne peuvent pas toujours avoir d’interaction directe avec le client (interne ou externe) de chacune de leurs actions. Enfin, l’agilité de l’entreprise est entravée par la multiplicité d’activités, aux temporalités différentes. Chaque Direction a son cycle de vie, et il est difficile de les synchroniser tous.

Dans le développement informatique, l’une des particularités qui facilite l’agilité, c’est la capacité à construire en blocs modulaires. Alors, les interfaces entre les blocs font partie du projet de développement, en tant que telles. Dans l’entreprise pourtant, les interfaces ne sont pas des logiciels, mais des hommes. Il est déjà difficile pour un humain d’être aussi précis dans ses échanges qu’un logiciel, mais cela l’est encore plus lorsque l’entreprise est silotée. Ces interfaces reposent alors uniquement sur la capacité de chacun à collaborer avec son prochain.

Car au fond, l’agilité d’une organisation, c’est bien cela. Construire chacun son bloc, en maitrisant les interfaces. Avancer vite, décider bien, au niveau individuel et collectif. C’est ce qu’ont su mettre en place les développeurs, en donnant la capacité à chacun d’être autonome sur ses contributions, dans une logique collective. Joe Justice lui-même, est parvenu à mobiliser autour de la vision d’une voiture écologique et open source, en faisant construire les modules par des enthousiastes de différents pays.

Finalement, en entreprise comme dans les phases de développement, la collaboration de tous et l’engagement de chacun sont indispensables à l’entreprise qui se veut agile. Mais comment peut-on les rendre possible ?

Quelles méthodes pour collaborer en entreprise ?

Comme les méthodes Agiles, les modèles de management collaboratifs sont dans l’air depuis quelques dizaines d’années. Dans mon dernier article, je vous parlais déjà des théories X et Y de Douglas Mac Gregor. Plus récemment, notamment en France, on parle beaucoup des entreprises libérées. Popularisées par Isaac Getz et Brian M. Carney, celles-ci donnent à leurs employés le pouvoir de décider sur leur périmètre. En changeant leur modèle d’organisation, pour une hiérarchie beaucoup plus « plate », ces entreprises (FAVI, Harley-Davidson, Gore-Tex…) se sont données les moyens d’aller plus vite que leur concurrence.

Leur performance et leur agilité poussent de plus en plus d’entreprises à suivre leur voie. Malheureusement dans le livre référence de ce mouvement, on trouve de nombreux exemples, mais pas de méthodes précises pour mettre en place un réel management collaboratif. Pour les organisations, le SCRUM ou l’Extreme Programming reste encore à inventer…

Or, aujourd’hui, les entrepreneurs n’ont pas de modèle de management préconçu. Notre génération ne veut plus faire du micro-management, car elle sait tout le temps gâché par le contrôle des activités de ses collaborateurs. Nous ne voulons pas une énième entreprise, où les employés ne seraient que des numéros. Alors c’est à nous d’inventer le management collaboratif qui rendra nos organisations agiles. C’est en tout cas ce qui nous a poussés à créer Fly The Nest.

Pour Fly The Nest, la collaboration repose sur trois grands piliers. Un projet détaillé qui structure des itérations constructives avec ses collègues. Une vision de l’avenir claire, que chacun peut s’approprier, et qui traduit l’aspect incrémental de l’entreprise. Une culture d’entreprise assumée, qui permet l’adaptation individuelle de ses pratiques et de ses productions. On retrouve ici les trois éléments fondateurs de l’agilité : itération, incrémentation et adaptativité.

Pour être plus agile, pour mettre en place un management collaboratif, ces trois éléments doivent être renforcés dans votre organisation. L’impulsion de ces travaux est à la charge des fondateurs, mais chaque collaborateur doit être un élément de leur construction, et de leur maintien. Car au-delà d’une vision claire, d’une culture assumée, et d’un projet détaillé, il revient à tous d’en assurer la cohérence, jour après jour, et ce malgré un environnement en perpétuel changement.

Merci pour votre lecture. Donnez votre avis sur la question dans les commentaires. À bientôt !

Erwann Rozier

Si l’agilité et la collaboration vous intéressent :

  1. L’agiliste, Florent Lothon
  2. Liberté & Cie, Isaac Getz et Brian M. Carney
Chez Fly The Nest, nous sommes convaincus que le collectif est le premier critère du succès des entreprises. En le travaillant avec vous, nous vous aidons à mettre en place un management collaboratif moderne et performant, qui vous donnera l’agilité nécessaire à vos ambitions